Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Mis à jour le 4 avril 2018

Choro, des mélodies instrumentales à la guitare

Né à Rio aux alentours des années 1870, le choro est la première vraie musique brésilienne, connue par de grands classiques comme Tico-Tico no fubá et Brasileirinho. Le mot viendrait de « chorar » qui signifie « pleurer », « se lamenter » et renvoie à son côté mélancolique. C’est un style instrumental, souvent improvisé et interprété à l’origine par des musiciens des rues de Rio; c’est une musique de la classe moyenne, des artisans et des petits employés blancs, mulâtres ou parfois noirs. A l’origine, le choro était une façon de phraser et d’adapter la polka et d’autres danses de salon comme le tango brasileiro en leur insufflant des accents rythmiques de la musique africaine. La mélodie était jouée à la flûte tandis que le cavaquinho marquait le rythme et la guitare les harmonies. Plus tard, se rajoutent d’autres instruments comme la clarinette, le saxophone, le trombone, la mandoline, le pandeiro…

La popularité connait des hauts et des bas pendant le 20e siècle: dans les années 20 et 30, il remporte énormément de succès grâce aux œuvres de Pixinguinha et des interprétations qui intègrent souvent des cuivres inspirés du jazz américain. Dès 1947, Jacob do Bandolim insuffle un souffle nouveau, une fraîcheur, une nouvelle spontanéité au choro. Il était le maître du bandolim, un instrument similaire à la mandoline à quatre doubles cordes. Ses compositions, dont  le très populaire Noites cariocas, sont des classiques du genre au point de vue style et finition.

Dans les années 60, l’intérêt pour le choro s’amenuise, le répertoire se fige.  Mais dès les années 70, pendant la dictature militaire, certains musiciens comme Joel Nascimento, Paulo Moura et Paulinho da Viola s’y intéressent à nouveau.

Aujourd’hui, le choro est vivant, une nouvelle génération de musiciens s’est inspirée du revival des années 70, y compris à l’étranger (beaucoup de Japonais interprètent le choro). Hamilton de Holanda a réinventé le rôle du bandolim et Yamandú Costa, virtuose de la guitare, interprète de nombreux morceaux, parmi d’autres styles.

 

Retrouvez une discographie plus complète dans le Parcours Brésil

Ainda existe ... ( Choro )... Grupo Pixinguinha 1928
Ademilde Fonseca, Tico tico no fubá (le grand classique, enregistré en 1942)

Amérique du Sud