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Mis à jour le 14 septembre 2017

L’angklung – excentricité instrumentale

Angklung

L’angklung est un des instruments les plus étranges de la musique indonésienne. Il consiste en une série de tubes de bambous, servant de résonateurs, fixés sur un cadre (en bambou lui aussi). Lorsque le cadre est secoué, l’angklung produit une note unique répétée, comme un hochet. Comme chaque angklung est accordé sur une seule note, il faut plusieurs instruments et plusieurs instrumentistes pour constituer une mélodie, même si certains morceaux peuvent être exécutés avec seulement trois participants. Un orchestre comporte généralement au moins neuf angklung de tailles et de tonalités différentes. Certains orchestres utilisent aujourd’hui des assemblages comportant plusieurs angklung montés sur un cadre, permettant à un musicien d’actionner plusieurs instruments, et donc de produire plusieurs notes.

 

L’origine de l’angklung semble remonter à avant l’établissement des premiers royaumes hindous à Java, c’est-à-dire avant le IIe siècle. Il est répandu dans tout l’archipel mais aurait été conçu dans l’ouest de l’île, chez les Baduy, une population sundanaise de la province de Banten. Il servait autrefois autant au divertissement qu’à une utilisation rituelle. Il était notamment dédié au culte de la déesse du riz que l’on réveillait à la saison du plantage du riz, au son de l’angklung, pour ses épousailles avec le dieu de la terre. On en jouait ensuite pour protéger les récoltes et protéger la déesse et la terre des maladies. Dans le royaume de Sunda, il était dédié à Dewi Sri, la déesse de la fertilité mais était également utilisé pour l’appel à la prière, et même pour jouer une forme de musique de guerre sur les champs de bataille.

 

L’instrument était tombé dans l’oubli jusqu’à ce qu’un musicien nommé Daeng Sutigna ait l’idée dans les années 1930 de s’inspirer des orchestres de clochettes européens et d’accorder des ensembles d’angklung sur le mode diatonique occidental, au lieu des modes pélog ou salendro, permettant ainsi de jouer le répertoire traditionnel mais aussi des standards et des airs classiques occidentaux comme « Le beau Danube bleu ». Ceci a permis à l’instrument de retrouver une certaine popularité et d’être utilisé sur scène et dans les écoles. En 2010, l’Unesco a inscrit l’angklung au patrimoine oral et intangible de l’humanité, encourageant sa préservation et sa promotion. Il conserve une place de choix dans le cœur des Indonésiens pour qui ses liens avec les rites funéraires et l’au-delà l’associent à une forme de douceur et de mélancolie. (BD)

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