Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Mis à jour le 9 avril 2015

Le zouk, à la conquête du monde

Remplaçant peu à peu la kadans à la fin des années 1970, le zouk devient très vite populaire, surtout en France. Ses origines sont africaines, européennes et caribéennes; il est proche de la biguine antillaise et du compas haïtien, mais aussi du calypso et de formes rythmiques locales, le chouval bwa martiniquais et les percussions du gwoka guadeloupéen. En 1979, Pierre-Edouard Décimus, musicien du groupe de kadans Les Vikings, fonde Kassav’ avec l’artistes antillais Freddy Marshall dans le but de renouveler et moderniser les musiques. Divers musiciens guadeloupéens et martiniquais rejoignent le groupe au cours des années, développant un son bien particulier avec leurs percussions, cuivres et guitares électriques. Leur musique est festive, dansante, proche du funk américain tout en gardant une touche bien créole dans les chansons. En 1984, Kassav’ écrit un hit mondial, Zouk-la-se sel medikaman nou ni, au message explosif: il parle du traitement de seconde classe reçu par les Guadeloupéens du siècle passé. Un autre groupe, Zouk Machine, prend le relai, enregistrant en 1989 la chanson Maldon, un hit vendant plus d’un million de singles en France.

A partir des années 90, le zouk devient  plus langoureux, moins rythmé et les cuivres disparaissent. Il perd son âme et devient une musique commerciale, jouée sur des synthés et des boîtes à rythmes, sans aucune inventivité et souvent mélangé à d’autres styles pour augmenter les ventes. Il s’approche bien plus de la variété internationale que d’une musique ayant ses racines dans la tradition et le créole est en grande partie abandonné en faveur du français.

Kassav', Zouk-la-sé sel médikaman nou ni (1984)
Zouk Machine, Maldon (1989)

Caraïbes