Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Les antécédents ruraux du son: changüi, sucu-sucu, nengón

Changui Guantanamo in Cuba

Au cours du 19e siècle se développent plusieurs formes musicales qui préfigurent le son (à prononcer à l’espagnole, « sonne »), un style qui connaîtra une grande popularité des années 1920 à 50 et puis à nouveau dans les années 1990 avec la création du groupe Buena Vista Social Club. C’est également ce style qui influencera la création de la salsa. Des musiques telles le changüi, le nengón ou le sucu-sucu naissant dans les zones rurales de la partie orientale de Cuba, dans la Sierra Maestra. Elles sont nourries d’influences hispaniques et africaines.

 

Musique festive et rurale, le changüi s’est développé dans la région de Guantánamo, autour des plantations de café de Yateras, au milieu du 19e siècle. Il possède des éléments hispaniques (plus précisément des Canaries), africains (bantous essentiellement) et franco-haïtiens, par l’intermédiaire des Haïtiens qui ont émigré à l’est de Cuba au début du 19e siècle. Il est joué traditionnellement à la petite guitare tres qui guide la mélodie, à la marimbula (genre de lamellophone) qui assure la basse et aux percussions bongo, guayo ou rayo (râpe métallique) et maracas. Le tres mêle influences espagnoles et africaines et son jeu possède un côté percussif déterminant pour le style. Le rythme des bongos est caractérisé par une certaine instabilité, sans patron bien défini et souvent à contretemps. Le style est également défini par l’absence de clave, contrairement au son. Les chants sont en vers mais possèdent une structure très souple, mettant en avant l’expressivité d’un chanteur soliste auquel répond un chœur de deux ou trois musiciens.

 

Le style a évolué vers deux formes actuelles, l’une destinée à la danse, au tempo rapide et l’autre qui est une sorte de joute improvisée en quatrains. Son interprète le plus connu est Elio Revé. En 1956, celui-ci fonde l’Orquesta Revé, un ensemble dont les musiques sont influencées par le changüi. Il s’est également nourri de tumba francesa, de percussions rituelles, de son et de rumba et accentue la polyrythmie. Il a participé à la popularisation de ces sonorités venant de l’Oriente à La Havane, ce qui a influencé d’autres artistes comme Juan Formell qui a joué dans le groupe de Revé et a formé plus tard Los Van Van.

 

Il existe deux variantes du changüi: le sucu-sucu qui est né sur l’île des Pins et est caractérisé par l’alternance entre soliste et chœur qui lui répond, et le nengón, qui possède une instrumentation curieuse: à côté du tres, il est joué sur un arc musical tumbandera aux probables origines bantoues. (ASDS)

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