Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Les Tambours du Burundi, une musique de cour royale

Ou comment la tradition très ancienne des grands ensembles de percussionnistes devient un phénomène de la world music. En 1968 sort chez Ocora le disque Burundi: musiques traditionnelles. C’est un des premiers hits de la musique africaine qui a été souvent réédité depuis. Son succès est surtout dû à deux plages, des chants chuchotés accompagnées de cithare inanga et dont les interprètes n’ont jamais été crédités. Un autre élément déterminant est une tournée mondiale des Maîtres-Tambours du Burundi au début des années 60, influençant pour longtemps certains musiciens occidentaux, jusqu’à la new wave (Adam & the Ants par exemple). Le groupe inspire également l’anglais Thomas Brooman pour organiser le premier festival de musiques du monde WOMAD en 1982, événement qui a marqué le début du boom de la world music.

Ces ensembles de percussions dépendaient des cours royales et jouaient lors de nombreuses activités sociales, cérémonielles, politiques et spirituelles du royaume. Les tambours étaient fabriqués avec soin, dans un bois rare, et joués uniquement par des membres de l’aristocratie au sein de la cour. Le répertoire a évolué avec le temps et le cadre strictement royal a disparu aujourd’hui mais ces ensembles spectaculaires sont toujours appréciés. Les rythmes complexes, joués en groupe ou par des solistes, dégagent énormément d’énergie.

Chant avec cithare (chant de louange)
Tambourinaires du Burundi (village de Gishora, 2011)

Afrique de l'Est