Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Musiques du dedans : de la harpe birmane à la guitare slide

Deux femmes jouant la harpe birmane, Mandaly, une photo de Googlhupf (via wikicommons)

Les traditions classiques birmanes remontent à un lointain passé, mais elles ont cessé d’évoluer à la fin du 19e siècle – période marquée par la colonisation et la soumission des rois locaux. Il existe deux répertoires principaux qui se différencient par le lieu où ils sont joués : musique de chambre intimiste aux sons délicats et ensembles plus bruyants et énergiques pour l’extérieur. La frontière entre musique savante et populaire n’en est que plus ténue. Même si les influences indiennes, chinoises et thaïes sont perceptibles, cette musique est assez unique, utilisant des instruments spécifiques à la Birmanie comme la harpe et les ensembles de gongs ou de percussions.

 

La musique de chambre est généralement interprétée par un chanteur ou une chanteuse accompagné d’un instrument, une harpe ou un xylophone, et de petites percussions (cymbales hsi et cliquettes wa). La harpe saung gauk possède une forme assez particulière, recourbée, et se joue sur les genoux. A l’origine, elle ne possédait que sept cordes mais le nombre a augmenté au fil du temps et est en général de seize aujourd’hui. Le xylophone pattala prend la forme d’une barque, sur laquelle sont suspendues 24 lames en bambou. Le son est feutré et doux.

 

Le répertoire classique, nommé Mahagita, est immense et provient de manuscrits qui ont conservé des centaines de mélodies et poèmes chantés au cours du temps. Ces chants parlent d’amour mais aussi de la nature et peuvent être modifiés et réinterprétés selon les envies du musicien, qui improvise et est libre de créer des styles hybrides à partir d’une base ancienne et classique. Le système musical est complexe, fondé sur des modes assez uniques et des rythmes compliqués. L’oreille occidentale a souvent du mal avec ces sonorités qui semblent très éloignées de celles qu’elle connaît.

 

Au cours du 20e siècle, cette musique a ingénieusement intégré les instruments occidentaux dans son répertoire, et aujourd’hui, les airs classiques sont souvent interprétés au piano, à la mandoline ou à la guitare slide dont les origines sont hawaïennes et qui a été modifiée pour la musique birmane. U Tin est un des interprètes les plus connus ; il joue les airs anciens mais il les transforme également pour leur donner des sonorités blues ou jazz. (ASDS)

Saùng-gauk Burmese harp / Harpe birmane - Myanmar (Burma)
Mya Nadi ျမနဒီ ( Burmese Harp Solo)
Glory of the King - Burmese classical music (arch harp)
ျမမန္းဂီရိ--ဘုန္းေတာ္ဘြဲ႔ယိုးဒယား_ဆို- မူမူေဆြ၊ ေစာင္း- နီလာညဳိ ၊
Pattala
Burmese Piano [ player : Aung Kyaw Myo ]
Burmese Guitar [player : U Tin]
Burmese Guitar [ player : Aung Naing Zoe ]

Asie du Sud-Est