Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Musiques traditionnelles – cérémonies publiques et rituels sociaux

Sing-sing dans la province d’Enga, une photo de Jialiang Gao (wikicommons)

Comme partout dans le monde, la musique traditionnelle de Papouasie a avant tout une fonction sociale et sert à établir une forme de cohésion sociale parmi les différents groupes ethniques. Elle a aujourd’hui également une forme identitaire en opposition ou en complément de la culture occidentale dominante.

 

La musique est principalement vocale, souvent polyphonique et peut être soutenue par des instruments de percussion comme le tambour en forme de sablier kundu ou le tambour à fente garamut, et différents types de flûtes, de flûtes de pan et de guimbardes susap.

 

Chaque ethnie possède sa culture propre, et des traditions distinctes de celles des autres mais plusieurs traits sont communs à travers l’île. C’est le cas des cérémonies appelées sing-sing en pidgin, qui rassemblent plusieurs clans à intervalles réguliers. Durant plusieurs jours, les tribus font démonstration de leurs danses, de leurs chants et de leurs peintures et costumes traditionnels. Le sing-sing peut être lié à une festivité ou servir de prétexte pour une collecte de fonds pour la communauté. Il attire aujourd’hui également les touristes. Les musiques servent généralement à évoquer les esprits des morts ainsi que les animaux de la forêt, notamment les oiseaux qui sont un truchement avec l’âme des disparus. Certaines ne sont jouées qu’en secret, lors des cérémonies d’initiation, et sont généralement interdites aux femmes.

 

Les cérémonies publiques peuvent être de nombreux types, et comprennent des rituels sociaux et religieux, ainsi que des chants et danses de guerre, interdits en son temps par l’administration australienne. Il n’y a pas de cohésion entre les traditions des différents groupes et des instruments peuvent être réservés aux cérémonies secrètes (comme les flûtes de pan chez Angan de l’Ouest) et être joués en public ailleurs (comme chez les Angan de l’Est). Ici encore les seuls traits communs sont les fonctions de communication des tambours, et l’imitation des oiseaux par les flûtes. Dans de nombreuses régions, les instruments sont joués en duos, représentant des paires d’oppositions symboliques : le ciel et la terre, le monde des vivants et celui des ancêtres, le monde culturel des femmes et celui des hommes. Cette dernière dualité se retrouve dans des répertoires comme les chants asmat de la côte sud où les hommes se lamentent de la cruauté des femmes, tandis que les femmes racontent des histoires où les hommes sont ridiculisés.

 

Aujourd’hui la majeure partie des musiques et des chants sacrés est en train de disparaître suite à l’occidentalisation progressive du pays et l’œuvre destructrice des églises fondamentalistes chrétiennes implantées jusque dans des zones hier encore inaccessibles. C’est paradoxalement dans les spectacles organisés à l’intention des touristes que survivent les traditions anciennes, sous des formes parfois en décalage avec leurs significations d’origine. (BD)

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