Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Musiques traditionnelles d’Afrique du Sud – ethnies san et bantoues

Femmes Xhosa en costumes traditionnels, une photo de Chell Hill (wikicommons)

Au cours de l’histoire, l’Afrique du Sud a été peuplée par différents groupes, en premier par les chasseurs-cueilleurs San que l’on retrouve également en Namibie et au Botswana, souvent nommés Bushmen ou Bochimans. Ils ont été déplacés par les Khoi venant du nord, un peuple d’éleveurs aujourd’hui disparu. Enfin, à partir du 2e siècle de notre ère, des ethnies bantoues sont arrivées, les Sothos, les Xhosas, les Zoulous, les Ndebeles et d’autres. Leurs traditions musicales sont proches, basées sur la voix (polyphonies et chants à réponse), mais possèdent des caractéristiques propres au niveau du répertoire, des tonalités et de l’harmonie.

 

Traditionnellement agriculteurs et éleveurs, les Zoulous demeurent, aujourd’hui encore, le groupe culturel le plus important du pays. Les hommes ont quitté les villages dès le début du 20e siècle pour travailler dans les villes et les mines et leurs traditions ont évolué à partir de ce moment, marquant profondément les musiques d’Afrique du Sud.

 

Les Ndebeles habitent dans la région du Transvaal. Ils parlent une langue bantoue du même groupe que les Zoulous. On connaît leurs superbes peintures murales très colorées et aux formes nettement géométriques. Les femmes Ndebele chantent ensemble, avec accompagnement de trompe et de battements de mains, des chants de louanges, des récits de la vie ou de l’histoire de leur peuple, des chants de travail, des berceuses. Leur musique est simple, rude, compacte; on y sent le groupe, la solidarité, la condition des femmes résignées, dont les maris sont loin pour travailler dans les villes ou les mines.

 

Les Xhosas vivent à l’est de la province du Cap. De langue bantoue, ils se divisent en plusieurs sous-groupes (parmi lesquels les Thembu, peuple de Nelson Mandela) vivant de culture et d’élevage. Leurs principaux instruments de musique sont des arcs qui utilisent la bouche du musicien comme caisse de résonance, un jeu qui a influencé le chant, celui-ci pouvant aller jusqu’à imiter l’arc. Les femmes xhosa ont un chant diphonique particulier, une technique de production des harmoniques étonnamment proche de celles que l’on peut entendre chez les peuples de l’Altaï et de la steppe mongole. Cette technique umngqokolo consiste à forcer la voix pour produire des sons graves dont on amplifie les harmoniques en jouant sur les ouvertures de la cavité buccale. La mélodie apparaît alors dans les harmoniques tandis que la « première » voix construit la production de sons graves.

 

Agriculteurs et chasseurs du nord de l’Afrique du Sud, les Venda, comme les Tsongas, les Sothos et d’autres peuples du pays, ont souffert de l’apartheid et n’ont retrouvé leur place au sein de cette société que depuis la fin de ce régime. Leurs cultures musicales se sont aussi quelque peu diluées dans l’ensemble sud-africain sans qu’il soit facile de déterminer les parts d’influences propres à chaque groupe. Quant aux musiques de tradition, elles ne sont pas non plus très présentes dans les discographies actuelles. (Etienne Bours, Africalia & ASDS)

Amandebele Waterval B Iqude
Ndebele zim zangoma
Ndebele Traditional song
UMNGQOKOLO - Thembu Xhosa - OVERTONE SINGING filmed 1985-1998 in South Africa
Beautiful Xhosa Song by Oliver Tambo Madosini
Rain fertility ceremony drums and dance of Venda people (South Africa/Zimbabwe)

Afrique australe