Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

La Mongolie

Ger camp, Mongolia – Séverine Bailleux

 

Pays d’Asie, la Mongolie est située entre la Russie au nord et la Chine au sud et ne possède aucun accès à la mer. Elle a été le centre d’un grand empire au 13e siècle quand les armées de Genghis Khan et de ses successeurs ont envahi une grande partie du continent, conquérant également une frange non négligeable de l’Europe de l’est, de la Lituanie et de la Pologne jusqu’à l’Adriatique. Cette hégémonie est de courte durée et le contrôle du territoire passe ensuite sous celui de la dynastie mandchoue des Qing. Le pays devient indépendant en 1911 et est gouverné par un régime communiste aligné sur celui de Moscou à partir de 1921. Il adopte une constitution démocratique en 1992 après la fin de la guerre froide et la chute du communisme.

 

Malgré un immense territoire, peu de terres sont arables. Le pays est en effet dominé par des montagnes de la chaîne de l’Altaï et du Khangaï et des steppes qui deviennent arides en allant vers le sud, formant le désert de Gobi. Ce milieu naturel a pour conséquence qu’une partie encore importante de la population – environ 28% – vit du nomadisme, poursuivant la tradition des ancêtres. Un autre tiers des trois millions d’habitants vit dans la capitale, Oulan Bator.

 

Au niveau culturel, la Mongolie appartient à un ensemble plus large, s’étendant à la Mongolie Intérieure chinoise et à la Khakassie, Tuva, l’Altaï et la Bouriatie russes. Ces régions sont peuplées par des Turco-Mongols qui partagent une religion mélangeant chamanisme et bouddhisme et un mode de vie pastoral et (semi-) nomade qui les rend très sensibles à la nature et aux animaux. Ils possèdent des traditions musicales marquées par des instruments particuliers et du chant de gorge ou diphonique. Pendant la période soviétique, le pouvoir communiste a restreint le nomadisme et brutalement réprimé toute forme de religion, détruisant les monastères bouddhistes et privant les chamanes de leurs instruments. Comme dans d’autres régions, il a prôné une musique nationale jouée selon des critères occidentaux par des musiciens de conservatoire, gommant par la même occasion les différences ethniques et les traditions anciennes jouées sur une gamme pentatonique. Aujourd’hui, cette période est révolue et les musiciens sont à nouveau libres de jouer les traditions du passé ou de créer des musiques plus modernes, souvent inspirées par le rock. (ASDS)


Asie de l'Est