Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

La Roumanie

Cetatea Râșnov, Râșnov, Romania – @rowalk

 

La géographie de la Roumanie, située au sud-est de l’Europe, est définie par la chaîne des Carpates, le Danube et la mer Noire. Ses voisins immédiats sont la Hongrie, l’Ukraine, la Moldavie, la Bulgarie et la Serbie. Les origines du pays remontent à l’Antiquité, durant laquelle il était habité par des populations thraces et celtes. Son histoire a été marquée par la conquête romaine qui y imposera sa civilisation, sa langue et plus tard la religion chrétienne orthodoxe de l’Empire romain d’Orient. La période suivante verra le démantèlement des provinces romaines et une succession d’invasions dites « barbares ». Slaves, Magyars, Tatars et Turcs seront parmi les principaux peuples à convoiter la région. De ces conflits politiques, doublés de divergences ethniques et religieuses, naîtront au Moyen-âge les principautés de Transylvanie, Valachie et Moldavie, ainsi que le « vieux royaume » roumain. L’indépendance accordée par l’Empire ottoman, dont le sud du pays avait été le vassal pendant quatre siècles, et la dislocation de l’Empire austro-hongrois, auquel était rattaché la Transylvanie, permit le rassemblement de ces régions en une « Grande Roumanie » dont l’état actuel est l’héritier.

 

Cette histoire mouvementée a bien évidement conditionné la culture et la musique du pays et explique les différences importantes entre les traditions régionales. La musique roumaine a été très tôt documentée, notamment par des personnalités comme Béla Bartók et Zoltán Kodály au début du 20e siècle. La période communiste de l’après-guerre a toutefois vu ses traditions dévoyées dans un but idéologique et le développement d’un fakelore, une musique artificielle et pompeuse présentée comme le produit du génie national. Des instruments traditionnels, comme la flûte de pan, popularisée par le musicien Gheorghe Zamfir, et d’autres comme le cymbalum tsambal ou la clarinette taragot, ont été détournés à des fins de propagande.

 

Outre les différentes composantes régionales, la musique roumaine est fortement influencée par la musique de sa population tzigane. Le nombre officiel de celle-ci n’est pas certain – il est probablement le triple des 600.000 personnes officiellement recensées, le reste se déclarant et s’identifiant comme roumain en premier lieu. La musique tzigane est principalement représentée par des ensembles appelés taraf, présent autant dans les campagnes que dans la banlieue des grandes villes, notamment de la capitale Bucarest. (BD)


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