Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

La Syrie

Damas: le temple de Jupiter – photo de Franco Pecchio (flickr)

 

Située sur la côte orientale de la mer Méditerranée, dans ce qu’on appelle le bassin levantin, la République Arabe Syrienne est un pays du Proche-Orient, traversé au nord-est par le fleuve Euphrate. Ses voisins immédiats sont la Turquie au nord, l’Irak à l’est, Israël et la Jordanie au sud, et le Liban au sud-ouest. La Syrie est malheureusement plus connue pour son histoire récente et pour la guerre civile qui la déchire depuis 2011 que pour la richesse de son passé et les nombreuses civilisations qui ont formé ses traditions. Le pays a été le territoire de quelques-uns des empires les plus importants de l’Antiquité et la capitale Damas est l’une des villes les plus anciennes au monde, continuellement habitée depuis sa fondation.

 

Sa position géographique et son importance stratégique au croisement de nombreuses routes marchandes, comme la route de la soie, lui ont accordé une histoire tourmentée. La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français qui se partagèrent avec les Anglais les anciens territoires ottomans. L’accord Sykes-Picot créa ainsi artificiellement des pays distincts, mettant fin à la Syrie historique, Bilad al-Cham, qui comprenait la Syrie actuelle, le Liban, la Jordanie et la Palestine. L’indépendance en 1946 sera suivie d’une alternance de gouvernements civils et de coups d’états militaires. Le dernier en date, déclenché en 1970 par Hafez el-Assad, instaurera un régime autoritaire, poursuivi aujourd’hui par son fils, Bachar el-Assad.

 

La culture syrienne et sa musique constituent un riche héritage mêlant traditions arabes, persanes et chrétiennes. Plusieurs minorités ethniques et culturelles ont également influencé son développement, comme les Juifs, les Arméniens, les Kurdes et les Yésidis. La guerre civile a bien évidement bouleversé la vie culturelle du pays. On estime qu’entre 250.000 et 500.000 personnes ont péri dans les massacres perpétrés à la fois par le régime en place et par l’État Islamique. La moitié de la population syrienne a été déplacée pendant le conflit et entre cinq et six millions de Syriens ont fui le pays, soit un quart de la population. (BD)


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