Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Le Cambodge

Angkor Thom – photo d’Anne-Sophie De Sutter (2012)

 

Situé au sud de la péninsule indochinoise, le Cambodge est bordé par le Vietnam, le Laos et la Thaïlande et possède des côtes donnant sur le golfe de Thaïlande. Entre le 9e et le 14e siècle, la région est gouvernée par un royaume khmer hindouiste, puis bouddhiste, centré autour d’Angkor et s’étendant sur pratiquement toute la péninsule. Après la chute d’Angkor Vat en 1431, les rois khmers sont devenus les vassaux des puissances voisines, les Thaïs ou les Vietnamiens, en alternance. Au 19e siècle, la région devient un protectorat français et intègre l’Indochine, avant de gagner son indépendance en 1953. En 1975, les Khmers Rouges menés par Pol Pot prennent le pouvoir et font table rase du passé, assassinant par la même occasion entre un et deux millions de Cambodgiens. Ils sont chassés en 1979 par l’armée vietnamienne. Le pays s’est depuis ouvert au tourisme mais le régime, censé être démocratique, est corrompu et autoritaire, limitant la liberté de parole d’une population qui continue à vivre dans une grande pauvreté.

 

Malgré des voisins puissants (et envahissants) – la Thaïlande à l’ouest et le Vietnam à l’est – la culture khmère est toujours restée distincte. Elle a subi des influences venant d’Inde, notamment dans l’adaptation des grands poèmes épiques comme le Ramayana et dans l’adoption de l’hindouisme puis du bouddhisme. La musique fait partie d’un ensemble plus large s’étendant dans toute l’Asie du Sud-Est, celui des percussions mélodiques représentées entre autres par les gamelans indonésiens. Elle est liée aux cours royales mais aussi à la vie quotidienne des Cambodgiens. Il est possible de distinguer plusieurs types principaux qui se mélangent régulièrement : la musique de cour royale, celle des temples et pagodes liée à la vie quotidienne, la musique pop et celle des minorités ethniques, souvent non-khmères et non-bouddhistes. (ASDS)


Asie du Sud-Est