Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Nauru

La république de Nauru est une île d’Océanie qui constitue, avec sa superficie de 21,3 km², un des plus petits états du monde. Située en Micronésie à 42 km de l’équateur, dans l’Océan Pacifique, sa densité est la plus élevée du continent avec plus de 10.000 habitants. Colonisée successivement par les Allemands, les Australiens et les Japonais, son histoire est avant tout marquée par la découverte au début du 20e siècle d’importants gisements de phosphate, qui a été extrait massivement et exporté dès 1906. Ce phosphate a été tout d’abord exploité par les différents colonisateurs de l’île. L’indépendance du pays, obtenue en 1968, transfèrera le contrôle de cette richesse à la population de Nauru. Toutefois cette manne d’abondance fera le malheur de la nouvelle république.

 

Les gisements ont commencé à cette époque à s’épuiser jusqu’à laisser le pays sans aucune ressource. Les travaux d’extraction du minerai, ayant complètement bouleversé le sol de l’île, l’ont rendu totalement impropre à l’agriculture. La situation s’est alors inexorablement détériorée, aggravée par de nombreux facteurs: une mauvaise gestion politique et économique, le choix de baser la survie du pays sur un seul produit, désormais disparu, et l’état déplorable de la santé de la population. Celle-ci s’était en effet plongée avec frénésie dans un mode de vie consumériste à l’excès, dilapidant en quelques années sa nouvelle fortune. Conséquence paradoxale de cette richesse passée de l’île et du niveau de vie très élevé de ses habitants jusque-là, une série de maladies liées à une mauvaise hygiène de vie est apparue : obésité, diabète, insuffisance cardiaque etc. Tous ces éléments ont amené à la faillite du pays qui a tenté de s’en sortir par des expédients de plus en plus douteux: le trafic de passeports, l’évasion fiscale, la citoyenneté fictive, le blanchiment d’argent, allant jusqu’à monnayer ses votes à l’ONU. Aujourd’hui la principale source de rentrée financière de Nauru provient de centres de détention gérés pour le compte de l’Australie. Afin de pouvoir légalement refuser l’asile aux émigrants et aux réfugiés qui tentent de rejoindre l’Australie, le gouvernement a inventé ce qu’il appelle « la solution du Pacifique » : déporter les candidats à l’immigration avant qu’ils ne touchent le sol et les parquer dans des camps d’internements sur Nauru. Ces camps provoquent régulièrement la colère des organisations des Droits de l’Homme pour les abus et les violences qu’y subissent les détenus.

 

Autrefois isolés du reste du monde, les Nauruans avaient développé une culture propre comportant une mythologie, une langue, des chants et des danses. La colonisation et la christianisation ont fait progressivement disparaître cette culture indigène. Après l’indépendance, l’état a profité de l’argent du phosphate pour développer l’éducation, principalement en envoyant ses élites étudier à l’étranger, mais a fait très peu pour préserver la culture endogène de Nauru. (BD)


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