Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Wallis-et-Futuna

Alofi, Wallis-et-Futuna, une photo d’Anna Vinet (via wikicommons)

 

Wallis-et-Futuna est une collectivité d’outre-mer (anciennement territoire d’outre-mer) française situé dans l’océan Pacifique. Composé de trois îles principales, Wallis (en Wallisien ‘Uvéa), Futuna, Alofi et plusieurs îles de petite taille. Ces dernières et Alofi sont en grande partie inhabitées. C’est le territoire français le plus éloigné de la métropole et il comporte environ 11.500 habitants. La population est majoritairement polynésienne et est originaire de la civilisation austronésienne Lapita. Elle est arrivée dans la région aux alentours de 800 à 900 avant notre ère, à la même époque que le peuplement des îles Tonga, au sud, et Samoa, à l’est, qui sont ses plus proches voisins avec les îles Fidji au sud-ouest. Sa capitale (qui est donc officiellement un chef-lieu) est Matu’utu sur l’île Wallis.

 

Wallis-et-Futuna a longtemps fait partie de la sphère d’influence de Samoa jusqu’aux invasions qui intégrèrent Wallis dans l’ « empire maritime tongien » à partir du 15e siècle. Futuna reste en comparaison beaucoup plus indépendant grâce à sa difficulté d’accès et résiste à Tonga. C’est toutefois à Futuna que débarquent pour la première fois des Européens, et les Hollandais baptisent Futuna et Alofi les îles Hoorn. Ils n’y restent cependant que huit jours et ce n’est que 150 ans plus tard que Wallis est visité par un vaisseau britannique, le Dolphin, dont le capitaine, Samuel Wallis, donne son nom occidental à l’île de ‘Uvea. Les habitants empêchent alors les étrangers d’aborder l’île et le bateau repart sans que l’équipage n’ait pu débarquer.

 

Ce n’est qu’au 19e siècle que des occidentaux entrent réellement en contact avec Wallis-et-Futuna. Il s’agit principalement de baleiniers et de marins déserteurs, dont certains s’installent de manière durable et s’intègrent progressivement, se mariant parfois avec des femmes autochtones. Malgré la présence de ce petit nombre d’Européens, les relations avec les bateaux de passage restent souvent houleuses, voire violentes, résultant quelquefois en massacres des envahisseurs ou de la population locale.

 

En 1837, des missionnaires chrétiens, soutenus par le roi de Tonga Tupou 1er, converti récemment, entreprennent d’évangéliser les deux îles. Là aussi les relations sont tendues entre les nouveaux venus et les autorités locales et plusieurs prêtres et de nombreux chrétiens locaux sont tués. Il s’agit avant tout d’un conflit d’intérêt entre les monarques des îles et ceux de Tonga, et d’une crainte de l’influence étrangère sur leur pouvoir. Il faudra une quinzaine d’années pour que la population soit entièrement christianisée.

 

S’instaure alors une forme de théocratie missionnaire où les autorités catholiques mettent à bas l’autorité royale et entreprennent de détruire la culture et la religion traditionnelle. Elles établissent un code moral et religieux extrêmement strict et vont jusqu’à chasser de Wallis-et-Futuna les premiers arrivants européens, les beachcombers qu’ils accusent de corrompre les mœurs de la population. Ils interdisent également à cette dernière de s’éloigner des îles afin de les isoler de l’influence des autres peuples polynésiens animistes ou protestants.

 

Après plusieurs demandes, ce n’est qu’en 1886 que Wallis-et-Futuna devient protectorat français. La présence de la métropole reste très limitée, se réduisant à un résident et son assistant. La Seconde Guerre mondiale bouleversera ce fragile et douloureux équilibre avec l’installation de bases américaines sur Wallis. Celles-ci vont amener une nouvelle prospérité économique (pas forcément bien partagée) et briser l’isolement de l’île. Futuna par contre restera coupé du monde pendant toute la guerre. À l’issue du conflit, Wallis-et-Futuna est rendu à son sort, et même si l’annexion par les États-Unis a été envisagée, c’est l’influence française qui prédominera jusqu’à l’obtention en 1961 du statut de territoire français d’outre-mer, mettant fin à une période qui avait vu se succéder de nombreux conflits politiques et une émigration de masse vers la Nouvelle-Calédonie.

 

Aujourd’hui les îles connaissent essentiellement une économie de subsistance, basée en grande partie sur la pêche artisanale dans le lagon, et une agriculture vivrière répondant à la demande locale. L’isolement de la région, éloignée des grandes routes maritimes, et sa difficulté d’accès pour les gros navires font que le commerce avec l’extérieur est quasi inexistant, limité à l’importation de quelques marchandises. Le tourisme est, pour les mêmes raisons, extrêmement limité.

 

La musique de Wallis-et-Futuna est aujourd’hui caractérisée par une production musicale abondante, regroupant la musique traditionnelle Hua lau, chants accompagnés de percussions, à de la pop occidentale ou du reggae, généralement interprétés en wallisien ou en futunien. (BD)


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