Mondorama, une cartographie documentée des musiques du monde

Tecnobrega, des soundsystem en Amazonie

Terme né dans les années 1980 et signifiant « kitsch », « ringard », la brega désigne une musique très prisée par les classes populaires, des chansons sentimentales pleines de synthés et de solos de guitares électriques. Dans les années 2000, l’électronique s’en est mêlée et la tecnobrega (ou tecnomelody) a vu le jour dans la ville de Belém au nord du Brésil, près de l’embouchure de l’Amazone. Des producteurs remixent et retravaillent les morceaux de pop brega ou internationale en remplaçant les instruments acoustiques par des sons d’ordinateur. Les hits américains se transforment et prennent une couleur locale, avec des rythmes et cadences  de l’état de Pará et de nouvelles paroles qui traduisent l’identité régionale. Les artistes ne signalent pas les compositeurs originaux mais ils ne déposent pas non plus de droits d’auteur sur les nouveaux morceaux. Toutes ces musiques sont à la limite du piratage. L’édition est facilitée par les nouvelles technologies: au début, des cd contenant 150 à 200 mp3 étaient diffusés par des vendeurs ambulants mais aujourd’hui, l’internet prend de plus en plus cette place. Ce système ne rapporte que très peu d’argent  mais sert de publicité pour les soundsystems ambulants (aparelhagem) qui réunissent 5000 à 10000 personnes par soirée.  C’est avec ces shows que les artistes gagnent leur vie. Les spectacles sont flamboyants, remplis d’effets lumineux et pyrotechniques. C’est une musique voyante, flashy, mal faite mais qui plait à la masse.  Elle est moins politisée et incisive que le hip-hop ou le baile funk et les thèmes des chansons restent l’amour et le romantisme.

Un extrait du documentaire "Good copy bad copy" à propos de la tecnobrega
Un spectacle de Gaby Amarantos
Gang do Eletro – Tubagas

Amérique du Sud