Les Bochimans, un peuple du désert
Chanson traditionnelle , Yodel , Polyphonie vocale , Pygmées , Musique traditionnelle , Namibie , Désert , Kalahari , Bochimans
14 août 2015
Ce peuple peu connu, sinon pour ses déboires cinématographiques avec des bouteilles de coca, habite le désert du Kalahari en Namibie et au Botswana. Il compte plusieurs sous-groupes (Gwi, Ju’hoansi, Shua, Khomani, Kung…) vivant tous de chasse et de cueillette sur cet immense territoire semi-désertique. Ces populations sont de petite taille et présentent des traits mongoloïdes. Ce sont vraisemblablement les Boers sud-africains qui les ont baptisés bushmen, hommes des buissons. Ils parlent ce qu’on appelle une langue à clicks, c’est-à-dire utilisant des consonnes obtenues par succions et claquements. Il est intéressant de relever que nombre de musicologues et anthropologues ont eu l’attention attirée par certaines similitudes morphologiques et culturelles entre les Bochimans et les Pygmées. D’un point de vue musicologique, Pierre Salée relevait que les Bochimans utilisent l’ostinato et que « ces ostinato consistent en sons vocaux purs : onomatopées, chuintements, halètements, yodel, formules mélodiques en arpèges descendants. Une polyphonie de sons sans signification linguistique dont la densité s’accroît progressivement, stratifie l’espace sonore en termes de timbres et de hauteurs » (extrait de la notice de pochette du disque Pygmées & Bochimans). Le tout donne évidemment une polyphonie de sons qui fait penser à celle des Pygmées, ceux-ci organisant, « orchestrant », cependant, leurs polyphonies yodelées de manière plus systématique, notamment parce qu’ils travaillent par entrées successives des voix. L’auditeur se rendra parfaitement compte de ces ressemblances et différences en comparant la discographie pygmée renseignée pour le Congo avec les quelques disques compacts qui nous offrent la possibilité d’entrer en contact avec les chants bochimans, au demeurant extrêmement intéressants. On y découvre des chants de guérison, des jeux, des chants de chasse et autres chants de divertissement liés à la vie quotidienne.
(d’après le texte d’Etienne Bours publié pour les brochures Africalia – 2003)