Du sax jive au mbaqanga – basse ronflante et harmonies vocales
Années 1990 , Années 1980 , Années 1960 , Années 1970 , Jazz , Afrique du Sud , Marabi , Kwela , Mbaqanga
29 septembre 2020

Jazz, jive, marabi, mbombela, kwela, simanjé-manjé…n’ont cessé d’évoluer, de s’influencer, d’emprunter également aux styles vocaux et notamment aux chorales des travailleurs. Les réfugiés urbains, les mfengu, cherchaient un langage commun, trait d’union musical des classes laborieuses face aux Blancs. A l’évidence, une expression noire nationale se créait au fil du siècle, épaisse, savoureuse, explosive, grave. Aboutissement de cette brûlante évolution, le mbaqanga est devenu très populaire dans les années 70. Empruntant son nom à celui d’un repas de porridge cuit à la vapeur, ce terme désigne une musique produite à bas prix, faite à la maison, comme le repas du même nom ou encore une musique dont le son de la basse aurait la même consistance, la même épaisseur que cette nourriture.
Musique urbaine, née après la Seconde Guerre mondiale dans les villes établies autour des mines d’or et autres centres industriels, elle est la jonction entre les traditions zoulou et sotho et le rhythm & blues, jazz et blues américains passés par les filtres créatifs des styles successifs, notamment le marabi et le kwela. Le mbaqanga est une des plus importantes « nouvelles » musiques africaines. Basse ronflante, batterie, guitares, saxophone, parfois même accordéon sont les ingrédients de cette recette, ils accompagnent un chant où les harmonies vocales ont une place importante, le soliste adoptant souvent une voix basse profonde. Les grands noms du mbaqanga sont Mparanyana, Mahlathini, Amswazi Emvelo, West Nkosi ou encore certains musiciens évoluant dans des styles annexes, parfois plus proches du marabi, comme le groupe Malombo et son guitariste Philip Tabane, parfois plus proches de la tradition comme l’étaient Johnny & Sipho avant que le premier ne devienne célèbre sous le nom de Johnny Clegg et le second sous celui de Sipho Mchunu, mais tous deux continueront d’explorer des genres musicaux dont le mbaqanga reste le tronc.
Le style ne se figera donc pas, il continuera de progresser, bousculé par les générations, gonflé par les influences nouvelles, fouetté par les promesses du marché du disque. On verra alors se succéder de plus en plus rapidement, signe des temps, d’autres noms de styles, parfois éphémères, parfois simples personnalisations d’un siècle de musique par des musiciens qui tentent de se faire un nom. (Etienne Bours, Africalia)
À Médiathèque Nouvelle
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MK1077 Kings and queens of township jive Earthworks, 1990 – enregistrements des années 1960 et 70
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MK1148 Next stop... Soweto. Township sounds from the golden age of 1968-77 Strut, 2010 – enregistrements de 1968-77
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MK1149 Next stop... Soweto vol.2: soultown. R&B, funk and psych sounds from the townships 1969-1976 Strut, 2010 - enregistrements de 1969-76
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MK1156 Next stop Soweto, vol.4: Zulu rock, afro-disco and mbaqanga 1975-85 Strut, 2015 - enregistrements de 1975-85
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MK2795 Gwigwi MRWEBI, Mbaqanga songs Honest Jons, 2006 – enregistrements de 1967
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MK2221 MAHLATHINI, King of the groaners Earthworks, 1993 – enregistrements de 1972-77
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MK2222 MAHLATHINI, The lion of Soweto Earthworks, 1987 – enregistrements des années 1970
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MK2300 MAHLATHINI AND THE MAHOTELLA QUEENS, Mbaqanga Kaz Records, 1991
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MK2330 MAHOTELLA QUEENS, Izibani zomgqashiyo Shanachie, 1992 – enregistrements de 1977
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MK2337 THE MAHOTELLA QUEENS, Reign & shine African Cream Music, 2005
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MK1490 THE BOYOYO BOYS, Back in town Rounder, 1987
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MK1980 JULUKA, African litany Totem Records, 1981
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MK3260 Philip TABANE & MALOMBO, Malombo Kijima Records, 1988
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MK2960 West NKOSI, Rhythm of healing Earthworks, 1992