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Le taarab – langueur des villes côtières


Ensemble de taarab et kidumbak de Zanzibar, une photo de Nicholas Calvin (wikicommons)
Genre urbain, le taarab est un type de poésie chantée aux fortes influences arabes.

Genre urbain, le taarab est un style de musique présent sur une partie de la côte d’Afrique orientale, tout particulièrement au Kenya et en Tanzanie et sur l’île de Zanzibar. Il évoque une certaine langueur et nostalgie, une émotion comparable à celle du duende du flamenco ou du blues des musiciens afro-américains. Il mélange diverses influences : les traditions arabes, et tout particulièrement égyptiennes, les musiques des films de Bollywood et des éléments africains, le chant étant en swahili et les rythmes venant des danses n’goma. Au 19e siècle, les sultans des villes-états de la côte étaient friands des musiques venant d’ailleurs. Ils entretenaient des orchestres divers, l’un venant de Goa, l’autre d’Egypte, ou encore de Turquie. L’Ikhwani Safaa Musical Club est fondé en 1905 et est considéré comme étant aux sources du taarab, mais c’est à partir des années 1920 que le style sort des palais et devient plus urbain. Des enregistrements en 78 tours voient le jour, notamment de la chanteuse Siti Binti Saad, la « mère du taarab » et du Culture Musical Club.


Le taarab est un genre de poésie chantée, la voix renvoie clairement aux traditions arabes, mais le rythme est tout aussi important. Chaque groupe possède au moins trois percussionnistes, jouant les petits tambours dumbak et tabla, ainsi que le tambourin rika. D’autres instruments sont d’origine orientale : l’oud et le qanoun arabes, ou même le taishokoto japonais. L’accordéon ou l’harmonium les complètent, ainsi que des guitares, ou encore des violons, violoncelles et contrebasses dans les ensembles les plus grands. Aujourd’hui, certains de ces instruments ont été remplacés par des orgues électriques ou des synthétiseurs.


Les clubs ont été au centre de la vie musicale du taarab pendant la première moitié du 20e siècle. S’ils ont disparu au Kenya, ils sont toujours bien présents à Zanzibar. Le Culture Musical Club et l’Ikhwani Safaa Musical Club sont les plus grands de ces établissements et les membres s’y réunissent tous les soirs pour socialiser et répéter les nouveaux morceaux qui seront interprétés lors des grandes fêtes du calendrier islamique, même si aujourd’hui leurs performances sont devenues rares dans ce cadre. Les membres des différents groupes subviennent aujourd’hui à leurs besoins en jouant en ensemble plus limité dans les grands hôtels de la région. Une des grandes dames du style était Bi Kidude (1910-2013) qui a enchanté les publics du monde avec son interprétation robuste du taarab et ses improvisations vocales.


Au cours des années 1990, les grands orchestres ont progressivement été rejoints par de petites formations, avec un seul chanteur. Ces groupes ne se limitent plus au seul taarab mais interprètent également des musiques plus dansantes, jouées sur des instruments comme la guitare, la basse, les claviers et la batterie. Un exemple de ce style est Rajab Suleiman et son groupe Kithara.


Il existe également des ensembles kidumbak, populaires lors des cérémonies de mariage. Leur nom vient des deux petits tambours kidumbak qui forment la base de leur son. Ils sont rejoints par des violons, une basse et quelques autres petites percussions. Le style de musique et de chant est quelque part entre le ngoma et le taarab. (ASDS)


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