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Le djembé, une tradition locale à la conquête du monde


un groupe de tambours en bois (photo de Sean Nufer, via Unspalsh)

Aujourd’hui répandu à travers le monde, le djembé est originaire des anciens territoires de l’Empire mandingue, le Mali et la Guinée. 

Le djembé est à l’origine un instrument associé à la caste mandingue des forgerons noumou. Il s’est répandu en Afrique de l’Ouest à l’époque de l’Empire du Mali. Contrairement aux instruments traditionnels réservés aux griots, la kora ou le balafon, le djembé peut être joué par n’importe qui. Percussion extrêmement versatile, il peut être utilisé dans de nombreuses circonstances, en solo ou en groupe, même s’il est le plus souvent joué en ensemble. Chaque pays et chaque région possède son répertoire pour le djembé et les rythmes des percussionnistes guinéens montrent l’influence d’autres peuples comme les Soussous, les Bagas et les Kpellés (ou Guerzés). Traditionnellement réservé aux hommes, comme le tambour dunun, il n’est encore aujourd’hui que très rarement joué par des femmes. 


La diffusion internationale du djembé est récente et jusqu’à la fin des années 1950, il était uniquement entendu en Afrique de l’Ouest. Les tournées en Europe des Ballets Africains, fondés par Fodéba Keita, ont introduit en Occident les danses africaines et les percussions qui les accompagnent. D’autres compagnies guinéennes, mais aussi par la suite maliennes ou sénégalaises, continueront de donner au djembé une visibilité de plus en plus importante. 


Les premières écoles de percussion africaine en dehors du continent seront créées dans les années 1960. Ladji Camara, ancien des Ballets Africains, va enseigner aux États-Unis, tandis que son collègue Famoudou Konaté ouvrira une école en Allemagne. Mamady Keita, ancien percussionniste du Ballet National Djoliba, s’installe quant à lui à Bruxelles en 1988, où il joue et enseigne le djembé dans son école Tam Tam Mandingue jusqu’à sa mort en 2021. La popularité du djembé a également encouragé une forme de tourisme chez les étudiants en percussion. 


La tradition du djembé en Guinée est également très présente dans la société nyamakala, la caste des Bambaras de la région du Fouta Djalon qui regroupe les forgerons, les tisserands et les musiciens. Historiquement toutes ces professions étaient réservées aux classes inférieures, voire aux esclaves, et l’islam a encore renforcé le dédain pour la profession de musicien. Malgré leur association avec les traditions des cultures animistes préislamiques, les percussions et autres instruments des nyamakala sont un élément important de toute fête ou cérémonie, et accompagne les danses très énergiques de la région. (BD)


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