La musique après l’indépendance – l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou
Années 1960 , Cuba , Bénin , Afro-funk , Afrobeat , Highlife , Rumba congolaise
03 décembre 2018

De par sa position centrale en Afrique de l’Ouest, le Bénin a été au confluent d’influences musicales très diverses, qui se sont mêlées aux traditions locales du pays. La musique highlife, venue du Ghana et Nigéria voisins, la rumba congolaise, les musiques cubaines, y ont rencontré la soul et la chanson française (de Charles Aznavour à Johnny Halliday). La communauté des Agoudas, descendants d’esclaves de retour du Brésil, a également contribué au mélange foisonnant qui allait devenir la musique béninoise des années 1960. Une scène particulièrement vibrante va alors se développer dans les grandes villes de Cotonou, Ouidah et Porto-Novo. Un très grand nombre d’ensembles vont se mettre sur pied: Black Santiago, El Rego et ses Commandos, le Super Borgou de Parakou, les Volcans, l’ensemble de Gnonnas Pedro, et l’incontournable Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou. Tous ces groupes vont créer leur propre cocktail de références, additionnant rythmes vodun, percussions afro-cubaines, guitares congolaises etc., auxquels s’ajouteront encore à la fin des années 1960 l’influence du funk et de l’afrobeat, et l’effervescence de James Brown dont la musique révolutionnera l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.
Après le coup d’état de 1972, cette scène connaît de grands bouleversements. La dictature de Mathieu Kérékou impose un couvre-feu qui étouffe la vie nocturne du pays et ruine les clubs et les musiciens. De nombreux artistes sont contraints à l’exil, tant pour des raisons économiques que politiques. Le régime surveille de près la production de ceux qui sont restés au pays, pour s’assurer de sa conformité avec l’idéologie marxiste-léniniste et de son soutien au gouvernement. Ceux qui s’opposent ou simplement refusent de chanter les louanges de celui-ci sont harcelés et arrêtés. Certains jouent la prudence et sont, à leur corps défendant, transformés en artistes officiels. Ils seront quelquefois obligés de se produire en uniformes comme les Super Star de Ouidah ou obligés de représenter le pays à l’étranger comme l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou, rebaptisé Orchestre National du Bénin. Cette flexibilité forcée a accordé à l’Orchestre Poly-Rythmo une grande longévité. Créé en 1966, le groupe est toujours actif, avec un répertoire de plus de 500 chansons créées entre 1969 et 1983, 50 albums et plus d’une centaine de 45 tours. (BD)
À Médiathèque Nouvelle
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MK4111 African scream contest Analog Africa, 2008 – enregistrements des années 1970
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MK4112 Legends of Benin Analog Africa, 2009 - enregistrements de 1969-81
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MK4113 Afro latin via Cotonou Syllart, 2011 - enregistrements de 1960-80
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MK4114 African scream contest 2 Analog Africa, 2018 - enregistrements de 1963-80
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MK4225 Gnonnas PEDRO, Compilation vol. 1: la musique afro-cubaine Ledoux Records
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MK4263 EL REGO ET SES COMMANDOS, El Rego et ses Commandos Daptone, 2011 - enregistrements de 1966-1973
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MK4268 ORCHESTRE SUPER BORGOU DE PARAKOU, Bariba sound Analog Africa, 2012 - enregistrements de 1970-76
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MK4278 ORCHESTRE POLY-RYTHMO DE COTONOU, Skeletal essences of afro funk Analog Africa, 2013 - enregistrements de 1969-80
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MK4281 T.P. ORCHESTRE POLY-RYTHMO, Kings of Benin urban groove 1972-80 Soundway, 2004 - enregistrements de 1972-80
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MK4282 , ORCHESTRE POLY-RYTHMO DE COTONOU, Vodoun effect Analog Africa, 2008 - enregistrements de 1972-1975
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MK4283 ORCHESTRE POLY-RYTHMO DE COTONOU, Echos hypnotiques Analog Africa, 2009 - enregistrements de 1969-79