Candomblé, culte afro-américain de l'état de Bahia
Afro-américain , Brésil , Bahia , Culte afro-américain , Transe , Musique religieuse
23 avril 2015
Praticantes de candomblé à Brasília en 2018 (via wikipédia)
L'état de Bahia fait partie du Nordeste et longe l'océan Atlantique. Salvador, une des grandes villes du pays, a été la capitale jusqu'en 1763. Cet état était la plaque tournant de l'esclavage et possède encore une très forte proportion de populations d'origine africaine (80% de noirs et de mulâtres) qui marquent profondément la culture locale, très différente de la culture métissée de l'intérieur du Nordeste. Les musiques en sont empreintes, notamment celles des cultes comme le candomblé. Le carnaval de Salvador est très connu et rivalise avec celui de Rio.
Les noirs du Brésil n’avaient pas le droit d’accéder aux associations religieuses des blancs, et ont été regroupés dans des confréries séparées, qui développeront leur version personnelle du rituel catholique. Mais en parallèle à ces congrégations et parfois confondues à elles, il existait un autre rite, pratiqué dans les maisons de candomblé, où la part africaine du culte était prédominante. Longtemps interdit, le candomblé est une religion syncrétique, qui est un détournement des rites catholiques, auxquels ont été ajoutés d’autres symboles, d’origine africaine, ainsi que des tambours rituels. Il existe des distinctions entre les différents terreiros (les maisons de candomblé) selon l’ethnie africaine qui l’a fondée, ou qui y est majoritaire, Fon, Bantous, Yorubas ou autres. Aujourd’hui, les descendants de Yorubas ont imposé leur version du culte candomblé à une grande partie des autres terreiros, mais certains conservent des variantes plus proches d’autres traditions.
Les cérémonies du candomblé consistent en un appel aux esprits, les orishas, qui prennent possession des participants, comme en transe. Comme dans la plupart des cultes de possession, la musique laisse une place importante aux rythmes hypnotiques et envoutants des tambours. Elle est fortement liée à son contexte et à ses fonctions liturgiques, elle n’est jamais jouée en dehors des lieux de culte et est entièrement définie par son utilisation rituelle. Elle accompagne le discours symbolique du « théâtre sacré » qu’est une cérémonie de candomblé. Chants et tambours y sont indissociables et forment un patrimoine préservé, transmis par la tradition orale. Musique et danse sont dirigées par un chef de culte, le plus souvent une femme, la màe de santo, qui décide de leur choix et de l’ordre de leur exécution.
La musique du candomblé peut être directement reliée aux rythmes africains des traditions religieuses correspondantes, mais le passage des siècles rend illusoire l’idée d’y trouver une quelconque « pureté africaine » comme tentent de découvrir les chercheurs au Brésil. Après 500 ans de cohabitation avec le christianisme, et de brassage entre les différentes ethnies africaines, il est malaisé de trouver une descendance « orthodoxe », « pure » des cultes africains d’origine. Si la musique du candomblé proprement dite est restée réservée aux occasions religieuses, elle a toutefois débordé de son cadre pour influencer les musiques de carnaval, notamment à travers les processions de l’afoxé, où les confréries de candomblé défilent parmi les autres groupes, et ainsi participer à la genèse de ce qui deviendra ensuite la samba. (Benoit Deuxant)
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