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Música tropical : rumba, salsa et reggaton


Billo’s Caracas Boys (pochette d’album)
Les pays de l’Amérique latine se partagent divers styles de musique, du son cubain au merengue dominicain, et particulièrement la salsa qui a conquis un large public sur l’ensemble du continent, avant d’être en partie remplacée par le reggaeton.

Les pays de l’Amérique latine se partagent des sonorités musicales communes, qui ont déferlé sur le continent dès la première moitié du 20e siècle, à partir de styles qui sont nés dans différentes contrées, comme le son cubain, le merengue dominicain, le calypso trinidadien et plus tard la salsa. Chaque pays a donné sa propre couleur à ces styles spécifiques et de nombreux artistes ont eu du succès dans tout le continent. Au Venezuela, une « Latin craze » voit le jour dans les années 1940 et 50 à l’époque où des musiciens cubains et dominicains s’expatrient et s’installent à Caracas et sur la côte vénézuélienne.


C’est l’époque de la création du label Discomoda (en 1948) et de l’apparition des Billo’s Caracas Boys, de Los Melodicos, du Pofri Jimenez Orquesta et de l’orchestre de Luis Alfonso Larrain, connu comme « El Mago de la Música Bailable ». Ces big bands composés de guitare, basse, percussions, cuivres et plusieurs chanteuses et chanteurs jouaient les styles populaires de l’époque, merengue, mambo, rumba, cumbia, y ajoutant des influences locales. Billo’s Caracas Boys est le groupe le plus ancien, formé dans les années 1940 par le Dominicain Luis María Frómeta. Ses arrangements étaient très populaires et il a dominé la scène durant les années 1950 et 60. Los Melodicos a été formé en 1958 par Renato Capriles et a compté de très nombreux membres. Il a connu son plus grand succès des années 1960 à 80 mais existe toujours aujourd’hui et a sorti une centaine d’albums. L’orchestre de Porfi Jimenez est mené par un autre musicien dominicain, Porfirio Jimenez, un tromboniste arrivé à l’origine à Caracas en 1953 pour jouer dans le l’orchestre de Rafael Minaya. Il a fondé son propre groupe en 1963 et a eu une série de hits dans les années 1980. Divers labels locaux, comme El Palacio de la Música, Top Hits, Yare, Sonus, Velvet et Souvenir, éditaient les disques de ces artistes.


A l’époque où la salsa a émergé à New York dans les années 1960, avec la création du label Fania, les groupes vénézuéliens avaient réduit leur taille, comme le Sexteto Juventud, fondé en 1962 et Dimensión Latina fondé en 1972. Ils se sont engouffrés dans le nouveau style qui est devenu le son dominant du pays, comme dans toute l’Amérique latine. Fania Records recherchait en effet au début des années 1970 de nouveaux marchés pour écouler ses disques et a tenté de créer un son panaméricain, rassemblant sous un seul nom – salsa –  les nouveaux styles qui émergeaient sur tout le continent. La compagnie remporte un grand succès au Venezuela, notamment par l’intermédiaire d’Oscar D’Leon. Celui-ci faisait partie de Dimensión Latina. Il fonde ensuite Salsa Mayor puis commence une carrière solo, s’installant à New York où il passe l’essentiel des années 1990. Il a de nombreux succès, a sorti une soixantaine d’albums et devient une célébrité de la salsa dans toute l’Amérique latine.


La Dimensión Latina ne s’est pas éteinte avec le départ de D’Leon qui a été remplacé dans un premier temps par Andy Montañez, qui était une star du Gran Combo portoricain. Le groupe est caractérisé par le son de quatre trombones jouant ensemble. Guaco est un autre groupe important, formé à l’origine comme groupe folklorique à Maracaibo dans les années 1960. Il joue de la salsa mais intègre beaucoup d’éléments du jazz, du funk et des styles traditionnels vénézuéliens. C’est en effet une des caractéristiques de cette salsa qui intègre des éléments d’autres musiques, comme la cumbia colombienne, ou encore la samba et la bossa nova du Brésil, ce qui s’entend notamment chez Aldemaro Romero et son groupe Onda Nuevo. On peut aussi citer Federico y su Combo, Los Satélites, Los Kenya et Los Megatones de Lucho.


Au cours des années 1980, beaucoup de ces groupes se séparent ou s’installent à l’étranger, et même si durant les années 1990 et 2000, la population continue à la danser dans les salsotecas, les salles de danse dédiées au style construites dans les grandes villes du pays, la popularité de la salsa s’essouffle quelque peu au profit de la salsa romantica, qui, comme son nom le dit, est axée sur le romantisme et la sensualité, avec de nombreuses ballades et boléros. Le reggaeton prend également le relais. Il est né dans les années 1990 et les premiers enregistrements ont été réalisés à Porto Rico et au Panama. Il mélange musiques latines et caribéennes avec des éléments de hip hop, reggae et dancehall. Parmi les artistes qui ont contribué à sa diffusion et qui interprètent également des ballades romantiques, on peut citer Trebor Elvillano, Chino y Nacho, La Melodía Perfecta et Sixto Rein. (ASDS)


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