Târ et setâr, les luths persans
Luth , Musique traditionnelle , Setâr , Târ , Iran , Musique classique persane
20 avril 2023

Le nom « târ » signifie à la fois corde et accord, il est donc d’usage ancien, mais l’instrument lui-même semble n’être apparu qu’au début du 19e siècle, sous la dynastie Kadjar. Ses origines sont très discutées, et il est possible qu’il soit né non pas en Iran, mais dans le Caucase où l’on retrouve des luths possédants les mêmes caractéristiques : un long manche (d’environ 95 cm), une membrane de peau de mouton et un corps « à deux ventres ». Il comporte six cordes, les cinq premières en acier et la plus basse en laiton. Il existe un târ plus ancien, extrêmement populaire en Azerbaïdjan, qui est sans doute son ancêtre et partage avec lui sa forme typique, malgré quelques différences dans les matières utilisées pour sa construction.
Le târ est avant tout utilisé comme instrument solo, ou comme accompagnement pour un chanteur ou une chanteuse, mais il se retrouve aussi dans des formations de musique traditionnelle et il existe des pièces spécialement écrites pour des ensembles de târ. Malgré son apparition récente, il a pris une place très importante dans le répertoire classique persan. Parmi ses interprètes les plus renommés, il faut citer Mohammad Reza Lotfi, Hossein Alizadeh, Hamid Motebassem et Dariush Talai.
Malgré la proximité de leurs noms, le târ et le setâr ne sont pas liés. Si le premier possède cette forme caractéristique de double cœur ou de huit, le corps du setâr est lui en forme de poire. Il possède quatre cordes, deux d’acier et deux de laiton. Malgré leurs similitudes, d’accordage notamment, il s’agit très clairement de deux instruments indépendants, avec leurs histoires et leurs usages propres. Le setâr est beaucoup plus ancien, et son origine peut être reliée avec celle du sitar indien et du luth tanbur, répandu de la Chine à l’Afrique du Nord.
Le son du setâr est plus léger et plus délicat que celui du târ. Pour cette raison, il est très populaire dans un cadre plus intimiste, voire secret. Il est idéalement utilisé pour un public restreint, et est ainsi destiné à la musique de cour, ou à l’agrément domestique. Comme il peut être joué discrètement, loin des oreilles désapprobatrices, il est également parfait pour le contexte iranien, où la pratique de la musique est réprouvée, voire censurée. Il est pour cela très populaire auprès des femmes.
De nombreux joueurs de târ pratiquent également le setâr, comme Hossein Alizadeh ou Mohammad Reza Lotfi, mais d’autres musiciens comme Jalal Zolfonoun, Ahmad Ebadi ou Fariba Hedayati Nikfekr, en font leur instrument de prédilection. (BD)
Târ
Setâr
À Médiathèque Nouvelle
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MX1260 Hossein Alizâdeh & Madjid Khaladj, Musique Iranienne, Improvisations Buda Musique, 1994.
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MX1265 Hossein Alizâdeh, The Art Of Improvisation Haus Der Kulturen Der Welt Cd, 1998. Enregistrement 1996.
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MX1266 Hossein Alizâdeh & Madjid Khaladj, Iran: Les Maîtres De L'Improvisation Buda Musique, 2000.
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MX1750 Medhi & Adib Rostami, Melodic Circles. Urban Classical Music From Iran Arc Music, 2018.
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MX1815 Mas'oud Shaari, Musique Iranienne Authentique, Vol. 3: Sêtar A.A.A.Compact, 1999.
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MX1901 Dariush Tala'i, Tradition Classique De L'Iran Ii: Le Tar Harmonia Mundi, 1993. Enregistrement 1979.
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MX1363 Shadi Fathi & Bijan Chemirani, Delâshena Buda Musique, 2018.
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MX1367 Issa Ghaffari, Ricochet Hermes Records, 2015.
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MX1715 Shouresh Ranaee, Sohrab Zargari, Ethereal Hermes Records, 2008.
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MX1740 Masoud Rezaei, Nothingness Raha Records, 2015.
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MX1907 Dariush Tala'i, Târ - Setâr En Chordais, 2003.
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MX1908 Dariush Talai & Kaveh Mahmudiyan, Chakavak Ta:Lik, 2018.
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MX1970 Jalal Zolfonun, Kord Bayat: Traditional Music From Iran Music Of The World, 1995.
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MX1971 Jalal & Soheil Zolfonun, Mystic Journey: String Music Of Iran Music Of The World, 1999.