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Diaspora et minorités : Roms, Grecs et Arbëreshë


Ballade arberëshë à Civita, Italie (photo Francesco Placco, via wikipédia)
La population albanaise est très homogène, principalement composée de Guègues et de Tosques. Elle comprend toutefois de nombreuses minorités, parmi lesquelles les Roms, les Monténégrins, les Macédoniens ou encore les Grecs, auxquels on peut ajouter une importante diaspora, parfois installée à l’étranger depuis plusieurs siècles.

Les Roms sont apparus en Albanie entre le 15e et le 16e siècle. Ils représentent un peu plus de 100.000 personnes dans le pays, et font partie d’un ou plusieurs groupes sédentarisés, à cheval sur l’Albanie, le Kosovo, la Macédoine du Nord et la Serbie. À ce groupe s’ajoute une minorité particulière, les Ashkalis ou Égyptiens des Balkans, qui ne se reconnaissent pas comme Roms et parlent Albanais. Longtemps considérés comme des Roms albanisés, ils défendent une autre histoire, celle d’un peuple originaire d’Égypte, arrivé dans la région plus de 200 ans avant le groupe auquel on les rattache généralement.


La musique des Roms est, comme c’est souvent le cas dans la région, une rencontre entre traditions propres et emprunts à la culture locale. Cette fusion a été encouragée par leur occupation traditionnelle de musiciens de fête, animant les mariages et autres réjouissances. C’est au sein de cette communauté que s’est développé le tallava, un style autrefois mal-aimé mais aujourd’hui très populaire, proche du manele de Roumanie.


La musique des différentes minorités est, elle aussi, un mélange de ses diverses traditions musicales et d’éléments albanais, soit dans la langue, soit dans le rythme ou encore dans les gammes utilisées. Ainsi la population grecque du district de Dropuli, au sud de Gjirokaster, possède une musique proche de celle de l’Épire voisine, mais avec des traits typiquement locaux.


De même les populations albanaises du Kosovo et de la Macédoine du Nord, séparées par l’éclatement de l’Empire ottoman, ont conservé des traditions proches de celles de l’Albanie, mais dans des contextes fort différents. La guerre du Kosovo en 1998, et la lutte pour l’indépendance a notamment eu un impact sur la musique locale, censurée par les autorités serbes et revendiquée par les sécessionnistes. 


Le cas des Arbëreshë est beaucoup plus ancien. Sa population, principalement installée dans le sud de l’Italie a été constituée par plusieurs vagues de migrations. Les principales remontent au 15e siècle et ont été causées par l’invasion des Balkans par les Ottomans. D’autres communautés sont les descendants de soldats, mercenaires du Royaume de Naples ou de la République de Venise, qui ont reçu des terres en échange de leurs services. Leur langue est dérivée d’une ancienne version du dialecte tosque albanais et ils sont reconnus en l’Italie comme une minorité linguistique. Dispersés à travers plusieurs provinces du sud du pays et en Sicile, certains villages ont conservé leur culture, leur musique et leur langue, mais d’autres les ont progressivement perdues. On considère qu’il y a aujourd’hui 50 communautés arbëreshë représentant environ 100.000 personnes. (BD)


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