La Ligurie, Gênes et le trallalero
Chanson traditionnelle , A cappella , Polyphonie , Polyphonie vocale , Italie , Ligurie , Gênes , Trallalero
10 octobre 2016

Ces polyphonies sont présentes dans toute la Ligurie, mais avec de subtiles distinctions de style et de dialectes (parfois proche du provençal ou des dialectes occitans de la riviera française voisine). Alan Lomax a documenté les chants de Gênes mais aussi les régions de Ceriana, Baiardo et Imperia et le musicologue Edward Neil en a préservé la mémoire. Les origines de ces chants sont assez floues, la plupart des styles sont de création récente, mais leurs racines sont anciennes, puisant dans les traditions populaires mais s’inspirant aussi parfois du Bel Canto ou des castrats de la musique liturgique. Le trallalero est à la base un chant collectif rural, né de l’immigration des paysans de la région (mais aussi de Lombardie et de Sardaigne) vers le port de Gênes au début du XXème siècle. Il trouve son apogée dans les années 1920 et a souvent failli disparaître mais connait depuis les années 1970 un regain d’intérêt auprès du public. Il est interprété traditionnellement par un ensemble appelé Squadra, groupe d’hommes à l’origine, incluant aujourd’hui quelques femmes (comme Laura Parodi du Gruppo Spontaneo Trallalero, et La Rionda). Historiquement ces ensembles amateurs se réunissaient pour chanter dans les cafés après une journée de travail. Une squadra peut comprendre un nombre variable de participants dont les rôles sont répartis selon leur voix, ténors, baryton et falsetto se partageant le texte, accompagnés par les basses et une voix appelée la chitarra (la guitare). Ces deux dernières voix s’emploient à l’imitation d’instruments de musique par des onomatopées consacrées, la basse répétant « bo bon bon » et la chitarra « du du du ». Le répertoire des trallaleri est avant tout une tradition orale, comportant soixante airs reconnus, auxquels s’ajoutent les cansöin (chansons d’auteurs). Le trallalero célèbre le repos, le temps libre, le vin, et paradoxalement chante très peu la mer, qui représente pour les chanteurs et leur public l’autre partie de la vie, celle du travail que l’on veut oublier un instant. (Benoit Deuxant)
À Médiathèque Nouvelle
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MT4690 LA SQUADRA - COMPAGNIA DEL TRALLALERO, Italie: polyphonie génoise Buda Musique, 1991
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MT4691 LA SQUADRA - COMPAGNIA DEL TRALLALERO, Chansons génoises Buda Musique, 1993
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MT5035 GRUPPO SPONTANEO TRALLALERO, Vagabondo Felmay, 2007
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MT6104 LA SQUADRA, In sciô ton: trallalero, polyphonie de Gênes Buda Musique, 2015