La musique disparue
Micronésie , Pacifique , Île , Nauru , Océanie
25 octobre 2018

La culture indigène de l’île de Nauru a été rapidement détruite dès l’arrivée des Occidentaux. La colonisation et la christianisation forcée de la population a entraîné un abandon, voire une destruction, des anciennes pratiques rituelles, mais aussi culturelles et artisanales. Une partie de la population a ensuite été déportée durant l’occupation de l’île par les troupes japonaises. Enfin, la dépendance quasi-totale de Nauru envers l’Australie pour sa survie économique, et l’addiction profonde de ses habitants pour le modèle de consommation et le style de vie occidental a achevé de faire disparaître sa culture originale, à l’exception de sa langue, étonnamment préservée.
La musique traditionnelle, si elle a un temps survécu à son interdiction par l’occupant allemand à la fin du 19e siècle, a rapidement décliné. Un effort de collectage a été plus tard effectué par Radio Nauru auprès des anciennes générations, mais dans beaucoup de cas les personnes âgées se souvenaient de fragments de chansons passées sans pouvoir en donner la signification ou le contexte. La population a conservé une forme folklorisée de chants et de danses qui ont avant tout des traits génériques communs à l’ensemble de la Micronésie : danse hula, chant reigen, etc.
Aujourd’hui la musique de Nauru est avant tout d’inspiration anglo-saxonne: rock, hip hop, ballades et chorales chrétiennes, r’n’b, même si les productions locales sont souvent interprétées dans la langue de l’île. Il ne reste de sa culture que quelques rares traces enregistrées. (BD)