J-pop, Girl groups & boys bands
Pop , Japon , Girls group , J-pop , Boys band
23 août 2024

Ces groupes de jeunes filles (et de jeunes hommes) sont souvent, comme les idoru (généralement solistes cette fois) des années 1970 et 80, des productions de maisons de disques, d’agences et de managers, qui sélectionnent les membres du groupe, font écrire pour elles et eux des chansons, et gèrent leurs apparitions médiatiques et leurs contrats publicitaires. La plupart de ces artistes, en particulier dans le cas des femmes, ont une courte durée de vie publique. Elles sont avant tout choisies pour leur jeunesse et sont remplacées dès que celle-ci commence à disparaître, c’est-à-dire très tôt dans le monde misogyne du Japon qui fétichise les très jeunes femmes et les déclasse avant la trentaine.
Le phénomène a pris au milieu des années 1990 des allures de franchise, les groupes poursuivant une carrière à long terme, ininterrompue malgré le départ régulier de ses membres, remplacés par d’autres. Le cas du groupe Morning Musume est à cet égard exemplaire. Formé en 1997 par le producteur Tsunku avec cinq candidates malheureuses d’un concours de chant télévisé, le groupe a connu à ce jour 17 générations et un total de 47 membres. Ces chanteuses-danseuses sont à terme « diplômées » (de l’anglais « graduation », désignant la réussite d’un examen, d’un diplôme) et doivent quitter le groupe pour laisser leur place à une nouvelle. Plusieurs raisons peuvent entrainer ce départ, parfois positives (terminer des études, entamer une carrière solo, passer au cinéma ou à la télévision, se marier), et parfois négatives (craquer sous la pression ou être licenciée pour avoir fauté). Leur vie est extrêmement surveillée et réglementée, les heures de travail sont intenses et de nombreuses choses leur sont interdites comme d’avoir une relation amoureuse.
Les idoru-groups attirent des fans souvent très possessifs, au comportement d’otaku, qui développent un attachement extrême avec les groupes et leurs différents membres. Les artistes quittent parfois le métier pour échapper à cette attention souvent déplacée. Les agences de leur côté gèrent souvent la vie des idoru comme une émission de télé-réalité permanente, mettant en scène leur quotidien en plus de leurs apparitions publiques. Ils encouragent et monétisent les contacts avec les fans, souvent au détriment de la sécurité des artistes.
Parmi les noms à retenir : Onyanko Club (« le club des chatons », un girl group précurseur des années 1980), les boys band Smap, Arashi, Sexy Zone, News ou encore PureBoys, les girl groups Speed, AKB48 et les déjà citées Morning Musume. Beaucoup de ces formations se subdivisent en sous-groupes plus petits permettant de multiplier les apparitions, ou de caser des artistes « gradués ». Au début des années 2000, un changement émerge au sein du genre et les chanteuses abandonnent leur apparence de jeunes filles sages pour prendre un look et une attitude plus moderne, plus indépendante, mais aussi plus sexy. Le groupe BiS est un bon exemple de cette évolution, et leur influence (et leurs multiples provocations) lancera une scène de girls groups alternatifs. Parmi les artistes actuels, on peut citer Momoclo, Magnolia Factory et Camelia Factory, pour les plus sages, et Bish ou Empire pour la version alternative. (BD)